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#Interview: Loulou Champagne

Si tu traînes dans la sphère burlesque, tu sais donc qu’aujourd’hui, débute la Semaine du Burlesque. Si tu ne le sais pas, je te conseille de lire cet article!

Elle est l’organisatrice de la Semaine du Burlesque en France, elle abat beaucoup de boulot pour que cet évènement soit à la hauteur des attentes du public et elle répond à quelques questions pour nous!

Loulou Champagne

Crédit photo: Neil Kendall

Crédit photo: Neil Kendall

  • Comment as tu découvert le Burlesque?

Comment expliquer cette sensation d’avoir toujours été liée aux affaires burlesques ? Cependant, la vraie rencontre a eu lieu à l’automne 2010 en plein vol , alors que je rentrais d’une mission à l’étranger. J’ai lu un article sur Gentry de Paris, effeuilleuse américaine établie à Paris, dont le discours féministe (notamment la réappropriation du corps de la femme) m’a marquée. Après une recherche internet, je me suis inscrite à un de ses cours, sans savoir à quoi m’attendre. Voilà comment j’ai mis le doigt dans un engrenage qui est bien loin de s’arrêter…

  • Pourquoi te lancer dans l’aventure Burlesque?

Je ne sais pas s’il existe de vraie raison, si ce n’est d’être habitée par une envie croissante de découvrir toujours plus le burlesque et de partager cette passion. Le mouvement burlesque me fascine par les rencontres qu’il m’apporte : la rencontre avec moi-même, la confrontation à mes propres limites, mais surtout la rencontre avec les autres.

Je m’émerveille de ce véritable brassage social et culturel, de toute cette créativité. Le burlesque est intemporel, tel un « phœnix qui renaît de ses cendres ». C’est également des valeurs féministes qui me sont chères et le reflet des questionnements personnels et sociaux actuels.

  • Quel est le secret de ton nom de scène?

Si je vous le dis, ce ne sera plus un secret, non ?

Je pourrais bien sûr vous parler de Louise Brooks, du « crime de Loulou » et de toutes les petites canailles célèbres ou anonymes qui portent ce doux prénom. La vérité est qu’il tire ses racines de ma vie intime.

« Champagne », je peux en dire plus. J’ai toujours bien aimé la tendance alcoolisée des patronymes burlesques. Le champagne est un alcool d’excellence, qui me séduit par ses bulles et ses parfums de fête et de victoire. Il représente bien notre pays, mais ce n’est pas à vous que je vais vanter ses mérites, amies rémoises. Il est célébré partout dans le monde…

Peut-on vraiment rêver d’un meilleur nom ?

Pour la petite histoire, il a même été convoité par le Crazy, mais le burlesque sait faire valoir ses droits !

Crédit photo: Gerard Chabaud

Crédit photo: Gerard Chabaud

  • Où trouves tu l’inspiration pour tes numéros?

Mon enfance a été bercée par les grands films hollywoodiens, par les comédies musicales et les ballets aquatiques orchestrés sur de grands airs de jazz. C’est d’ailleurs assez drôle de retrouver des indices de ma vie artistique, des influences indirectes, des rêves de petite fille devenus obsessions bien réelles. J’inscris mes numéros dans mes origines (comme mon numéro sur la Reine de Saba), dans des évènements historiques, et sans oublier dans tous les grands thèmes visités et revisités dans l’effeuillage burlesque. Les icônes de l’âge d’or du burlesque classique aussi bien américaines que sud-américaines sont une grande source d’inspiration.

  •  Vis tu exclusivement du burlesque ou as tu une activité en dehors ?

J’ai la chance de pouvoir exercer deux métiers, artiste burlesque et interprète de conférence. Assez étrangement, on retrouve des similitudes entre les deux exercices : la sensation d’être sur un fil, un travail et une préparation très (TRES) conséquentes, et surtout se faire le véhicule d’un message, par la voix, par le corps.

  • Qui sont tes artistes burlesque préférées et pourquoi les aimes tu?

Voilà la vraie question piège de cette interview…Lada Redstar est pour moi l’incarnation du burlesque. Je suis très touchée qu’elle ait acceptée d’être la marraine de la Semaine du Burlesque. C’est une femme extraordinaire.

Comment ne pas être à genoux devant les performances de Vicky Butterfly, Medianoche, Ginger Valentine (mon premier amour burlesque), Imogen Kelly, mais aussi bouche bée devant celles de Catherine D’Lish, de Dirty Martini , d’Indigo Blue, d’Aurora Galore ? J’oublie Lou Ontherocks, Wanda de Lullabies, Kiki Béguin, Sucre d’Orge…et puis les garçons aussi, Brian Scott Bagley, Charly Voodoo…

Pour moi, tous ces artistes ont une personnalité, un charisme. Je ne sais pas s’il faut une liste ou un annuaire en fait !

  • Quelle est selon toi, LA chose à avoir pour être une bonne effeuilleuse ou un bon effeuilleur burlesque ?

Sans hésitation, la GENEROSITE ! C’est l’une des principales caractéristiques des artistes que j’ai cités plus haut.

Au-delà du haut-niveau de « technicité », des costumes, on sent un lien indestructible avec le public. Un seul sourire, un seul regard suffit à nous emporter et à nous couper du monde réel pendant quelques minutes. Ils sont là pour nous.

La relation avec le public est le centre de tout : il nous rendra au centuple ce que nous lui donnerons. Il ne faut jamais oublier que c’est pour lui que nous dansons, pour son divertissement, pour son plus grand plaisir.

Je dirais ensuite, la PATIENCE DU TRAVAIL : travailler, prendre le temps de s’améliorer, de se remettre en question, d’évoluer.

  • Que pense ton entourage de ton côté paillettes?

Il ne fait aucun doute que je suis très bien entourée. C’est ma principale force. Ma famille m’a toujours apporté un soutien bien nécessaire. Je salue aussi mes amis incroyables, qui suivent mes aventures, viennent voir des shows, me soutiennent au quotidien. Je ne parle même de celles qui se sont carrément converties et qui se lèvent le dimanche matin pour m’assister en répétition. Le burlesque, c’est avant tout une histoire de famille au sens large.

Crédit photo: Lorea Marchand

Crédit photo: Lorea Marchand

  • Parle nous un peu de toi, quels sont tes passions, ton objet fétiche?

Un objet fétiche ? j’hésite entre MON PASSEPORT ET UN LIVRE ! Je suis une grande lectrice et je ne manque jamais une occasion d’alimenter ma bibliothèque d’ouvrages sur le burlesque. Je voyage beaucoup de part mon métier, mais aussi parce que je suis avide de découvrir le monde entier.

Je dois vous parler de mon amour du jazz (notamment les big bands et l’éthiojazz), avec une période de prédilection qui se situe entre 1954 et 1962 (c’est précis, je sais). Ma vie ne serait pas la même sans les pâtisseries. L’alcool étant dangereux pour la santé, je vous épargne mes dégustations de champagne.

  • Et pour finir, donne nos tes prochaine dates!

Comme vous le savez, le grand projet de la Semaine du Burlesque se prépare !! Du 2 au 8 mars, la France fête le burlesque, donc lancez-vous !

Vous pourrez me voir danser en avril à Nuremberg (Allemagne), au Festival boylesque de Vienne (Autriche), à Bruxelles et dans une autre ville française en mai, encore un voyage en Allemagne en juin, ainsi qu’en Belgique au mois de septembre. Tout sera annoncé sur ma page Facebook !

Enfin en novembre, avec mon association Garter & Garter, nous lançons une nouvelle formule de la Beauties of Burlesque avec un orchestre live ! Et nous préparons une nouvelle soirée régulière à Paris dans une toute nouvelle salle.

Retrouvez toutes les infos, les lieux et dates des événements de la Semaine du Burlesque partout en France sur le site internet et sur la page Facebook!

Pour toutes les accus de Loulou Champagne, c’est aussi sur le site internet et sur Facebook!

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