#Interview – Ruby Shatzi

Après Luna Moka, c’est une autre Pin-Up d’Alsace qui passe à la moulinette de l’interview!

Ruby est une Pin-Up Rock & Roll, à la chevelure rouge flamboyante et avec un caractère bien trempé, qui représente l’incarnation moderne des années 50!

Crédit photo: Bernardobjectif Photo

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– Comment as-tu découvert le urlesque?

J’ai découvert le burlesque de la manière la plus bête qui soit…Internet! J’étais déjà attirée par les pin-up et l’esprit rétro à l’époque, je ne sortais jamais sans mes talons et mon rouge à lèvres. Je faisais partie d’une troupe de danse modern jazz pendant plusieurs années, mais suite à un déménagement j’ai du m’arrêter de danser et cela m’a énormément manqué! C’est donc en 2013 que j’ai choisi de trouver une nouvelle école de danse, mais en cherchant sur le net je me suis dis bêtement “hey! mais est-ce qu’il existe une discipline qui puisse allier mes deux passions?”. J’ai donc tapé Pin-up + danse + Alsace et suis tombée sur la troupe d’effeuillage Strasbourgeoise les “Pin-up d’Alsace“. J’ai tout de suite pris des cours avec Luna Moka, je suis aller voir leurs shows et les ai bombardées de questions sur le burlesque. Je ne comprends toujours pas pourquoi je n’ai pas découvert l’effeuillage plus tôt, c’était pourtant juste sous mes yeux

– Pourquoi te lancer dans le burlesque ?

Je me suis lancée car j’ai toujours pensé que je ferai un métier artistique un jour. Je n’avais pas tellement peur de la scène ni même de me mettre à moitié nue devant un public, bizarrement c’est plus le fait de me tromper dans ma chorégraphie ou de ne pas réussir à enlever ma jupe qui m’effrayait! Mais après plusieurs scènes ouvertes, on passe le cap et ça devient du pur plaisir!  J’ai eu plusieurs jobs auparavant très banals, j’ai été vendeuse, préparatrice de commandes , peintre en bâtiment (si si, sans blagues) mais c’est la vie d’effeuilleuse que me rendait la plus vivante! J’étais au chômage au moment où j’ai découvert le burlesque, et les filles de la troupe des Pin-up me faisait participer à de plus en plus de shows; c’est donc après un savant calcul que je me suis dit que je n’avais plus rien à perdre alors autant tenter l’aventure burlesque en professionnel! Je me sentais mille fois plus utile sur scène avec les filles à donner du bonheur aux gens, que derrière une caisse à leur vendre des vêtements…

– Quel est le secret de ton nom de scène?

Mon nom de scène doit être le moins sexy de la terre… Ruby je l’ai pas cherché très loin, cela vient tout simplement de ma couleur de cheveux rouges  et du fait que j’avais une chatte (bien avant de faire du burlesque) qui s’appelait comme ça. Souvent, les filles de ma troupe me taquinent et m’appellent “Ruben” ou “Ruby Schwarzi” (pour Schwarzenegger…) car j’ai un côté gros bras, je suis la forte tête de la troupe, et j’assume entièrement ça me fait rire ahah!

Schwarzi, en revanche vient de l’allemand “schatz” qui veux dire “trésor”. C’est un petit surnom mignon qu’on donne à sa chérie, et qui m’était donné par des amis de la région. Je voulais vraiment avoir un nom qui me rattache à ma région que j’aime tellement. Pour la petite histoire, schatzi vient aussi d’une de mes chansons après ski (musique allemande de carnaval) préférée “Schatzi schenk mir ein Foto“, c’est carrément pas glam mais j’ai des souvenirs de biture mémorable sur cette chanson, je me devais de le prendre en nom de scène!

Crédit photo JF Hayer

Crédit photo JF Hayer

– Ou trouves – tu l’inspiration de tes numéros?

Je fonctionne énormément au coup de cœur. Chez moi, c’est souvent la musique qui déclenche l’envie et l’idée d’un nouveau numéro. La danse m’aide beaucoup à créer mes numéros, car je ne sais pas bien jouer la “comédie”, alors j’adapte mon burlesque à cse que je sais faire…danser. Je n’essaie jamais de forcer  en me disant “allez, il faut absolument que je fasse un numéro de charleston parce que j’en ai pas dans mon répertoire!” ;non, en général cela me bloque et je fini avec une belle page blanche. J’aime fouiller des heures sur internet, tomber dans un magasin de tissus, sur une belle dentelle qui va m’inspirer un nouveau costume et une ambiance! C’est dur à expliquer car je laisse beaucoup de place au hasard. Je peux mettre des semaines voir des mois à accoucher d’un numéro: par exemple mon dernier acte d’indienne “War dance” , j’étais bloquée dessus pendant presque 1 an lorsque j’ai entendu une musique de pub à la télé qui m’a totalement inspirée et m’as aidée à finir ce numéro. Le hasard quoi…

– Qui sont tes effeuilleuses préférées? Et pourquoi?

Oh mince! ils y en a tellement! J’ai un penchant clair et net pour le burlesque dit “classique” et pour moi ma favorite est Medianoche! J’en suis totalement amoureuse, son charisme et ses costumes me rendent dingues! Satan’s Angel est pour moi l’incarnation même du burlesque sexy et rock’n’roll et à son âge, c’est une légende et continue de dépoter sur scène! Lada Redstar pour la classe absolue et le glamour, Louise Deville , Julie Atlas Muz … toutes ces nanas me font rêver et me donne envie de travailler dur et de progresser dans cet art! (même si leur niveau me parait atteignable …c’est toujours beau de rêver!)

– Que pense ton entourage de ton côté paillette?

Ils sont tous très fiers! Ma mère est une fan hystérique par excellence, impossible de sortir avec elle au supermarché sans qu’elle n’explique à la caissière que je suis effeuilleuse burlesque…

J’ai énormément de chance car tout mon entourage (famille, amis) a tout de suite compris ce qu’est le burlesque et ont fait partie du public dès ma première scène. Ils me soutiennent, viennent aux shows, en parlent autour d’eux avec plaisir. Quand à mon chéri, je l’ai rencontré grâce au burlesque, il connaissait mon métier et ça ne le gêne pas du tout, au contraire (même s’il a encore du mal à me laisser partir performer seule quelque fois, et qu’il déteste les paillettes…). Le plus étonnant est de recevoir des messages de personnes avec qui tu étais à l’école et qui te retrouvent suite à un show où ils t’ont vue et hallucinent sur ton changement de carrière radical! Bref je suis gâtée!

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– Parle-nous un peu de toi, tes autres passions, ton objet fétiche?

Le burlesque a complètement grignoté ma vie! Je mange effeuillage, je dors effeuillage, et je parle d’effeuillage tout le temps! J’ai un planning toujours surchargé par le travail, mais ce que j’aime le plus c’est quand boulot et fiesta se rejoignent… Boire un verre avec mes copines dans une chambre d’hôtel enfumée jusqu’à 5h du mat’ c’est ça mon dada! J’aime faire rire les gens, quitte à me ridiculiser, et avoir une vie remplie de nouvelles rencontres.

Avant de faire ce métier, je n’étais pas une grande baroudeuse, mais depuis, j’adore voyager et voir du pays. L’Irlande est mon plus grand coup de cœur! (oui j’aime les pays où il pleut je suis un peu maso)

Et enfin en objet fétiche je dirai… mes talons hauts et mon sac à main! J’aime avoir tout mon attirail avec moi, et je ne marche jamais à plat, sauf quand mes pieds n’en peuvent vraiment plus!

– Quelles sont tes prochaines dates ?

Vous pourrez me retrouver :

-le 5,6,7,8 mai au festival “Elsass rock & Jive” (Strasbourg)

-le 20 mai au “London Burlesque Festival”

-le 4 juin à La Cigale avec “Elmer food Beat”

et le 11 juin pour la “Burlesque Night n°5” de Dia Décadence

Retrouvez toute l’actu de Ruby sur sa page Facebook et sur son site internet!

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